Bénéficier financièrement d’opérations commerciales suspectes
Fatwa No: 135488

Question

Je travaille dans une société d’import-export qui appartient à mon père. La nature de nos transactions est licite, puisque nous importons, grâce à Allah, des articles licites qui sont utiles aux gens : des sous-vêtements pour les adultes, des denrées comme les lentilles, les pêches séchées, etc. Or, je suis inquiet à propos de ce travail. Premièrement, il est possible que les fonds utilisés pour la fondation de cette entreprise aient été empruntés à une banque usuraire ; deuxièmement, il existe des opérations suspectes, comme l’échange de devises avec l’absence de la condition de la livraison, car parfois, l’acheteur se trouve dans un autre pays ou pour d’autres raisons. Ma question est la suivante : si j’évite de prendre part aux opérations suspectes, de sorte que j’obtienne mon salaire en contrepartie de la vente des produits de la compagnie ou de la réalisation de certaines opérations bancaires, mon revenu sera-t-il à 100% licite ? J’ai pensé aussi demander à mon père un pourcentage fixe, par exemple 20% des gains, pour chaque conteneur que je parviens à vendre, tout en tâchant de conseiller mon père et ceux qui travaillent avec lui concernant les transactions que je vois illicite. Suis-je autorisé à faire cela ? Je désire une réponse dans le plus bref délai pour que je puisse chercher un autre emploi si cette option n’est pas licite.

Réponse

Louange à Allah, et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :

 

Le simple doute que l’origine de l’argent de votre père est illicite ou a été mélangé à de l’argent illicite ne compte pas, car selon la règle de base, ce que le musulman détient lui appartient. Le cheikh de l’Islam Ibn Taymiyya, qu'Allah lui fasse miséricorde, a indiqué : « Selon la règle de base, ce qu'un musulman détient lui appartient s’il affirme le posséder. Au cas où je ne connaîtrais pas le statut de ce bien qu’il a en main, je dois appliquer la règle de base. Par ailleurs, si ce musulman a usurpé ce bien et que je l’ignore, je suis alors ignorant de cela et ce qui est ignoré est comme ce qui n’existe pas (…). Quant au musulman dont les péchés ont été dissimulés (par Allah), les transactions effectuées avec lui ne doivent pas faire l’objet de présomptions, et celui qui s’abstient d’effectuer des transactions avec lui par scrupules religieux aura introduit une innovation dans la religion à propos de laquelle Allah n’a apporté aucune preuve (…).

Ainsi, si nous considérons une somme d’argent déterminée possédée par un individu sans savoir si elle a été volée ou empochée d’une autre façon illicite par son propriétaire, et que nous nous la faisons payer, que nous l’obtenons comme don ou en tant que salaire ou prêt, nous ne commettons aucun péché, et ce à l'unanimité des oulémas ».

Donc quiconque n’est pas certain qu’une personne se soit illicitement appropriée une somme d’argent ne doit pas la suspecter ni éviter d’effectuer des transactions avec elle, car cela relève de l’exagération, ce qui est blâmable.

Quant au change, la livraison effective des devises de la main à la main ou par un moyen dont la prescription est la même, comme le dépôt en banque ou le chèque certifié, etc. est impérative.

Quant à obtenir un pourcentage des profits en guise de salaire pour votre travail, cela est illicite, selon l’avis prépondérant des oulémas, puisque les profits étant inconnus, le salaire le sera aussi, alors qu’il doit être bien défini.Notre conseil est que vous restiez dans l’entreprise de votre père pour orienter et conseiller ses employés par de bonnes exhortations.

 

Et Allah sait mieux.

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