L’interruption du Tawâf et la manière de reprendre le Tawaf interrompu selon l’école Chafi’ite
Fatwa No: 231439

Question

Quel est le statut d’un Tawâf (circumambulation autour de la Ka’ba) que le pèlerin interrompt alors que ce Tawâf constitue un des piliers de son petit pèlerinage (‘Umrah) ? En fait, un homme accomplissant son petit pèlerinage était en train de tourner autour de la maison sacrée (Ka’ba) et retra dans une bousculade avec les gens au niveau de la pierre noire. C’est alors que son Izâr tomba. Il interrompit donc son Tawâf et ôta entièrement son Izâr. Probablement, une petite partie de son corps sous son nombril s’est même découverte. Puis il revêtit son Izâr et met des épingles pour le maintenir. Cela lui prit quatre à cinq minutes. Ceci doit-il être considéré comme un intervalle suffisamment long au point d’interrompre la continuité de son Tawâf ? Ensuite il reprit son Tawâf au point où il l’avait interrompu et le termina sans préciser son intention. Reprendre son Tawâf après l’avoir interrompu comme il l’a fait est-il valide ? Doit-on préciser son intention à chaque tour effectué autour de la Ka’ba ? Nous souhaitons que votre fatwa soit émise selon l’école châfi’ite, car j’ai lu qu’elle ne pose ni la continuité ni la précision de l’intention comme condition de validité du Tawâf. De même, elle permet de reprendre son Tawâf de n’importe quel point après son interruption. Elle estime aussi que le fait de douter après avoir terminé le Tawâf n’est pas préjudiciable. Qu’Allah vous récompense.

Réponse

Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Muhammad, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons.

Sache avant tout que, selon l’école chafi’ite, le doute au sujet de l’adoration qu’on a accomplie n’a aucun effet. Des savants d’autres écoles de jurisprudence ont soutenu ce même avis.

Pour ce qui concerne la continuité du Tawâf (la circumambulation), le plus juste avis selon les chafi’ites est que cela est recommandé, mais pas obligatoire. Par conséquent, si un pèlerin interrompt son Tawâf, même sans excuse, puis le reprend à partir de là où il s’est arrêté, son Tawâf est valide.

Al-Nawawi, qu’Allah lui fasse miséricorde, a dit : « Les tenants de notre école ont affirmé : ‘ Il convient au pèlerin d’accomplir sont Tawâf de manière continue, sans marquer de pause entre les sept tours. Deux avis ont été émis sur cette continuité. Le plus juste est celui qui stipule que c’est une Sunna et que même si le pèlerin marque une longue pause entre les différents tours qu’il effectue autour de la Ka’ba sans excuse, cela n’invalide pas son Tawâf. Au contraire, il peut reprendre les tours qu’il lui reste à effectuer là où il s’était arrêté même après une longue pause ’. » Fin de citation.

Ensuite, s’il tient compte des tours déjà effectués, il lui faut reprendre à l’endroit même où il s’était arrêté. C’est l’avis le plus juste sur la question. Il n’est pas tenu de recommencer à partir de la pierre noire ni à partir d’un autre endroit selon son bon vouloir.

Al-Nawawi a dit : « S’il interrompt son Tawâf au cours de son accomplissement parce qu’il perd ses ablutions ou pour une autre raison, et que, nous disons qu’il doit prendre en considération les tours déjà effectués. Ainsi, selon le sens apparent de ce que soutiennent la majorité de nos compagnons, il doit reprendre son tawâf à l’endroit même où il s’était arrêté. » Fin de citation.

Pour ce qui est de l’intention, l’avis le plus juste émis par les savants chafi’ites, est qu’elle ne constitue pas une condition de validité du Tawâf du Hajj ou de la 'Umra, car l’intention s’applique au rite lui-même.

Al-Nawawi a dit : « Nos compagnons ont affirmé : ‘ Si le Tawâf est accompli en dehors du cadre du Hajj ou de la 'Umra, tout le monde s’accorde à dire qu’il n’est pas valide sans intention, comme c’est le cas des autres actes de culte comme la prière, le jeûne, etc. Par contre, si ce Tawâf est accompli au dans le cadre du Hajj ou de la ‘Umra, il convient de formuler l’intention d’accomplir le Tawâf. Mais si on fait le Tawâf sans intention, il y a alors deux avis connus, que l’auteur du livre mentionne avec les preuves avancées par chacune des deux parties. Il s’avère que le plus juste de ces deux avis est la validité du Tawâf. C’est le point de vue pour lequel ont tranché un certain nombre de savants, dont Imam al-Haramayn. » Fin de citation.

Si vous tenez compte de ce que nous venons d’exposer, vous saurez que la validité du Tawâf affecté par l’interruption mentionnée dans votre n’est pas mise en question, du moins selon   selon l’école chafi’ite. 

Et Allah sait mieux.

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