Il ignorait qu'en disant à sa femme qu'elle est divorcé, le divorce devient vraiment effectif
Fatwa No: 89797

Question

Je suis musulman et vis en Amérique. Je ne savais pas qu'en disant à ma femme qu'elle était divorcée, le divorce devenait vraiment effectif et je l'ai fait plus de trois fois. Hier, j'ai lu certains hadiths au sujet du fait que l'homme dise à sa femme qu'elle est divorcée, mais je ne savais rien de tout cela auparavant. Quel est donc le verdict nous concernant moi et ma femme aujourd'hui ? Je n'avais en effet pas connaissance de ces hadiths auparavant et je n'avais aucune intention de divorcer d’elle.

Réponse

Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :

 

Il semble, et Allah sait mieux, que si vous avez prononcé le divorce sans savoir que cela le rendait effectif et sans qu'il yait eu de votre part une négligence au niveau de l'étude de votre religion ni au niveau de l'interrogation de savants à ce sujet, comme dans le cas où vous auriez embrassez l'Islam depuis peu ou vous auriez grandi dans un environnement sans connaissances religieuses, dans ce cas, le divorce n'est alors pas effectif. Par contre, si cela s'est produit alors que vous étiez capable d'apprendre votre religion, mais que vous avez fait preuve de négligence alors que vous avez grandi dans un environnement où se trouvaient des centres islamiques, le divorce est alors effectif.

 

Al-Haythamî fut interrogé au sujet d'une situation semblable à celle-ci, mais concernant une femme prétendant ignorer ce qu'entraînait le khul' après l’avoir accepté de la part de son mari. Il dit à ce propos : « D'après les dires de cette femme, il semble que si elle se trouvait dans une ville ou un village où les gens ont connaissance de ces choses, son allégation d'en être ignorante n'est alors pas valable, le divorce définitif est bien effectif et elle doit s'acquitter de la compensation en question. Par contre, si elle a grandi dans le désert loin de toute connaissance de tout cela, son excuse est alors valable, le divorce n'est pas effectif et elle ne doit pas s'acquitter de la compensation. Ibn 'Abd al-Salâm a dit : "Le Bédouin qui prononce des paroles en arabe sans en connaître le sens dans la Législation islamique ne peut être blâmé pour quoi que ce soit, car il n'en comprend pas le sens afin de pouvoir émettre l'intention visée par celles-ci." » (Fatâwâ al-Fiqhiyya al-Kubrâ) Al-Haythamî interpréta les paroles d'Ibn 'Abd il-Salâm comme désignant la personne qui n'est pas en contact avec des musulmans.

 

Nous attirons ici votre attention sur deux points :

 

Le premier est que la femme répudiée trois fois par son mari est séparée de lui par un divorce irrévocable appelé « baynûna kubrâ ». Dans ce cas, l'homme se retrouve dans l'impossibilité de se remarier avec sa femme jusqu'à ce que celle-ci se marie par désir avec un autre homme puis divorce de lui ou devienne veuve et termine sa période de viduité.

 

Le deuxième est que le musulman doit éviter de faire ou dire des choses sans en connaître les conséquences. Allah, exalté soit-Il, dit (sens du verset) : « [...] Demandez donc aux gens du rappel si vous ne savez pas. »(Coran 16/43)

 

Et Allah sait mieux.

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