La prière de celui qui découvre sur son corps une impureté empêchant l’eau d’arriver à la peau
Fatwa No: 90386

Question

J’ai fait la prière, puis quelques heures après, j’ai regardé dans la glace et j’ai trouvé que j’avais une sorte de pus à l’extrémité de l’œil. J’ai alors refait les ablutions et la prière, car je ne connaissais pas la disposition qui se rapporte à cette situation. Cette impureté empêche-t-elle l’eau d’arriver à la peau ? Ma prière était-elle valide ? Devais-je la refaire ? Certains m’ont dit que puisque j’ai découvert ce pus après la prière, je devais le négliger. Mais puisque j’avais cette obsession, j’ai refait les ablutions et la prière. La disposition serait-elle la même si quelqu’un fait la prière et ne se rend compte de l’existence d’une impureté sur ses vêtements qu’après l’avoir terminée ?

Réponse

Louange à Allah, et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons.

 

Si la personne découvre l’impureté avant de faire la prière et constate que celle-ci est suffisament grande au point d’empêcher l’eau d’arriver à la peau, elle doit refaire les ablutions. Lorsque le Prophète () constata une fois qu’un homme accomplissait la prière mais qui – lors des ablutions – n’avait pas lavé une surface du dos de son pied égale à la dimension d’un dirham, de façon que la peau de cette surface était clairement sèche, il lui ordonna de refaire les ablutions et la prière [Abû Dâwûd (Al-Albâni : Sahîh)].

Cependant, si l’impureté n’est pas volumineuse au point d’empêcher l’eau d’arriver à la peau, les ablutions sont valides.

Quant à celui qui fait la prière et ne se rend compte qu’il y a une impureté sur ses vêtements qu’après l’avoir terminée, s’il ne sait pas quand cette impureté s’est manifestée, avant ou après la prière, sa prière est valide. L’auteur hanbalite d’al-Rawd al-Murabba' précise que : « Celui qui trouve une impureté et n’est pas certain que celle-ci s’est manifestée avant la prière, ne doit pas refaire sa salât, car cette impureté s’est peut être manifestée après l’accomplissement de la salât et le doute n’invalide pas la prière ».

Mais les oulémas ont divergé sur la disposition à prendre si la personne constate l’existence de l’impureté pendant la prière. Pour les hanbalites et les châfé'ites, il doit la refaire. Mais selon d’autres oulémas, dont le Compagnons Ibn 'Umar, qu’Allah soit satisfait de lui et de son père, Ibn al-Mundhir, Ibn Taymiya, Ibn al-Qayyim et Ibn Qudâma, ainsi que Rabî'a et Mâlik d’après al-Nawawi, qu’Allah leur fasse tous miséricorde, il ne doit pas la refaire. La preuve : une fois, le Prophète () ôta ses chaussures et les posa à sa gauche alors qu’il dirigeait la prière de ses Compagnons. Voyant ce geste, les Compagnons firent de même. À l’issue de sa prière, le Prophète () leur demanda : « Pourquoi vous-êtes vous déchaussés ? ». « Nous t’avons vu faire cela alors nous t’avons imité », lui répondit les Compagnons. Le Prophète () expliqua alors : « Djibrîl (l’Ange Gabriel) est venu m’informer que mes chaussures contenaient une souillure » (Ahmed et Abû Dâwûd). Le Prophète () n’a pas refait la prière après avoir découvert que ses chaussures comportaient une souillure. Ceci prouve que la prière dans ce cas n’est pas invalide.

 

Et Allah sait mieux.

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