Comment le musulman qui veut s’attacher au Coran et à la sunna authentique, peut-il éviter les idées fausses ?
Fatwa No: 90479

Question

Je suis musulmane nouvellement convertie. Je m’efforce de suivre uniquement ce qui a été rapporté de manière sûre par la sunna et je délaisse les us et coutumes. Ma question est la suivante : il semblerait que les deux Sahîhs ne soient pas la seule source de hadiths authentiques mais qu’il existe d’autres sources qui rapportent des hadiths authentiques, faibles, fiables ou inventés.
Comment s’assurer qu’on ne suit pas un hadith faible ? En se basant uniquement sur les deux Sahîhs, ne délaisse-t-on pas un bon nombre de hadiths authentiques et fiables provenant d’autres sources ? Le fait de suivre un cheikh ou une fatwa donnée sur un site web ne constitue-t-il pas un simple Taqlid (imitation aveugle) ? Comment le musulman qui veut s’attacher au Coran et à la sunna authentique, peut-il éviter les idées fausses ? Mon époux qui suit la doctrine hanafite m’a dit que je suis passée de la doctrine hanafite à la doctrine malékite car j’ai changé ma façon de prier.

Réponse

Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :

 

Premièrement, nous vous remercions pour avoir visité notre site et nous vous félicitons pour avoir embrassé la religion d’Allah, exalté soit-Il. Nous demandons à Allah, exalté soit-Il, qu’Il vous donne la possibilité de faire le bien. Le fait de suivre une école de jurisprudence, un cheikh ou encore un site de fatwas n’est pas un Taqlîd car le Taqlîd pour les oulémas consiste à suivre l’avis d’une personne qui n’est pas à l’abri de l’erreur sans connaître les preuves sur lesquelles elle se base.

Or celui qui suit une école de jurisprudence ou un savant après avoir pris connaissance des preuves qu’ils avancent, suit en réalité les preuves. Il ne s’agit donc pas d’un Taqlîd. Ensuite, il faut savoir que le Taqlîd n’est pas interdit de façon absolue car les gens sont différents dans leurs connaissances et leur compréhension des choses. Ainsi il n’est pas permis à une personne habilitée à faire un effort de déduction de faire du Taqlîd. Par contre, une personne qui n’a pas atteint un niveau de connaissance lui permettant de faire un effort de déduction, mais qui est capable de juger les preuves avancées par chaque école de juriprudence sur un sujet donné et de distinguer la preuve prépondérante parmi celles-ci, doit mettre en pratique l’avis qui lui semble faire autorité, que cela concerne la jurisprudence ou l’authentification des hadiths. C’est un rang intermédiaire entre le Taqlîd et l’effort de déduction.

Quant aux gens ordinaires et qui n’ont pas la capacité de reconnaître les preuves ou de distinguer les avis prépondérants, il leur est permis de faire du Taqlîd. Allah, exalté soit-Il, dit (sens du verset) : « […] Demandez donc aux gens du rappel si vous ne savez pas. » (Coran 16/43) Demander à quelqu’un dans cette situation de chercher les preuves ou de déterminer les avis prépondérants c’est lui confier une tâche qu’il ne peut assumer. Allah, exalté soit-Il, dit (sens du verset) : « Allah n'impose à aucune âme une charge supérieure à sa capacité… » (Coran 2/286) Etant donné ce qui précède, il apparaît clairement que le Taqlîd n’est pas interdit de façon absolue.

Le meilleur moyen pour un musulman d’adorer son Seigneur avec science et clairvoyance est de chercher à acquérir la science religieuse et de dépenser ce qu'il a de plus précieux afin de parvenir à cette fin.

 

Et Allah sait mieux.

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